Pourquoi ai-je laissé mon passeport à Niamey? Je me croyais nigérien après 5 mois? Pas de frontière à traverser alors pas besoin de passeport? En tout cas, le commissaire de police d'Agadez ne m'a pas trouvé comique... Dès le contrôle policier d'Agadez, ils m'ont suivi jusqu'à la gare, m'ont escorté (avec mes amis qui m'attendaient) jusqu'au commissariat...avec la tension due aux rebelles touaregs, ils ne voulaient pas que je m'aventure au nord d'Agadez, si il arrivait quoi que ce soit à un canadien qu'ils ont laissé passer sans passeport...même après 3 hrs d'argumentation, et ils ont même appelé le directeur du CECI à Niamey, le commissaire décide que je passe la nuit au commissariat! C'en était trop, mes amis vont chercher le patron de l'agence avec laquelle je devais partir...il a finalement pu négocier ma "libération" en leur promettant de me ramener le lendemain et en laissant ma caméra en "otage"! Et je dormi donc chez Hamé Amou, le patron de l'agence, après avoir préparé un plan...et le lendemain, les policiers m'ont escorté jusqu'au bus et on attendu que je sois en route pour Niamey avant de partir... Comme j'ai la tête dure, je suis arrivé à Niamey vers 21h30 (Sonia m'a dit en arrivant que le directeur du CECI me cherchait, que la présidence nigérienne avait été informé de la situation par le commissaire, que le Consul canadien était aussi mêlé à l'histoire...), j'ai ramassé mon passeport et repris le bus pour Agadez à 04h00 du matin, un trajet de 12 hrs que j'aurai donc fais 3 fois en ligne! J'ai quitté le bus à 100km avant d'arrivé à Agadez et tel que prévu, Hamé m'a cueilli en 4x4 pour contourner la ville par la brousse, éviter les contrôles policiers et entrer sans se faire repérer...le lendemain on quittait pour l'Aïr! Comme je suis prudent, hi, hi, hi, nous avions quand même en main une feuille de route autorisée par le Ministère du tourisme pour le Massif de l'Aïr, en respectant l'interdiction d'aller dans le désert de Ténéré, zone d'insécurité... Je suis parti avec Hamé, le patron-chauffeur-guide et Gambo le cuisinier. On était pas arrivé à Timia qu'on tombe sur un détachement militaire à la poursuite des bandits et des rebelles...le chef était un peu surpris de voir notre feuille de route autorisée...et il nous a laissé passer. Arrivé à Timia, les habitants du village nous ont dit qu'un cortège de 17 voitures des rebelles étaient passé la veille...que nous n'avons rien à craindre, que ce sont les militaires les bandits! J'ai bien aimé Timia, un oasis dans les montagnes de l'Aïr où j'ai pu me baigner dans des cascades. Ensuite on a pris la direction d'Iférouane, une des villes les plus au nord du Niger. Il y faisait très chaud et je suis aller me ballader pour voir des gravures anciennes sur pierre en montagne. La route entre les 2 villes m'a fait découvrir les superbes et variés paysages du Massif de l'Aïr. C'est comme un désert avec des roches et des montagnes partout, on se croyait sur Après un retour à Timia, nous avons pris la direction des Monts Bagzane, dans les 2000m d'altitude. J'ai alors troqué le 4x4 pour 2 ânes et un guide, Ali. Gambo le cuisinier nous a accompagné chaussé de "lofers" en montagne à 64 ans...Hamé allait nous retrouver de l'autre côté de notre traversée des Monts 2 jours plus tard. La montée fût très spectaculaire, dans une gorge tout le long, avec des paysages extraordinaire. Je n'aurais jamais pensé prendre dans la même photo: chameau, falaise et palmiers-dattiers! Les villages sur l'immense plateau des Bagzanes étaient vraiment spécials à voir, j'ai adoré. Une chance que les ânes portaient les bagages parceque marcher en montagne à 40 degré en plein soleil, j'ai trouvé ça assez pénible. Après une couple de jours à boire de l'eau chaude...tu ne fais que rêver à un Coca bien froid! En tout cas on mange de la bonne viande fraîche en montagne...j'entend encore les cris de Biquette qu'ils ont égorgé à 2 pas du campement... La fin du voyage fût un peu moins agréable quand Hamé nous a laisser sècher au point de rendez-vous toute la journée...mais sinon, je suis bien heureux d'avoir pu visiter le Massif de l'Aïr de belle façon, même si j'aurais aimé voir le désert et faire une ballade de chameau (y a que des dromadaires, mais c'est plus le fun d'écrire chameau). Ce sera pour la prochaine fois! Le Sahara est immense et traverse plusieurs pays...tandis que l'Aïr est unique au Niger. Voilà, c'était ma dernière histoire sur mon blogue, j'espère que vous aurez apprécié mon expérience nigérienne autant que moi. Merci pour vos commentaires et votre intérêt, j'arrive le 15 à Montréal, à bientôt!!! Puisque j'ai fais développer mes photos de début de voyage, je vous en présente quelques une...ici Sani qui confectionne mes poufs et mon tapis. Mon super véhicule que j'ai troqué à Sani en échange de 2 autres poufs... Les femmes de la tannerie de Gamkalley...et bébé... Les enfants au puit de Magaria... Les femmes qui font les alkakis à Zinder... Un des margouillards qui habitent ma villa... Comme je repasse par Casablanca au Maroc, en voici un aperçu...la grande Mosquée Hassan II...
...parfum d'épices... |
Avant de passer aux anecdotes et à quelques aspects de la culture nigérienne, je vous informe que j’arriverai à l’aéroport PET de Montréal de 15 juin vers 15h30, si jamais quelqu’un fait un Mtl-Québec cette journée là…un lift serait apprécié! Je devrais partir pour Agadez en vacances jeudi pour 10 jours, j’ai parlé à des guides et c’est possible de voir quelques oasis, les montagnes de l’Aïr et un peu du désert de Ténéré en évitant les zones interdites où il y a des conflits avec les rebelles touaregs alors je vais tenter ma chance… Je commence avec une superbe photo de Renée Melançon avec Zakarya qui nous sert le thé! (ça marche pas, je vais réessayer plus tard)
La plupart des nigériens, et c’est commun en Afrique de l’Ouest, ont des marques au visage (par incision à la naissance) pour identifier leur ethnie. Par exemple, touareg, kanouri, houssa, djerma, etc…parfois une ou plusieurs petites barres sur les joues, d’autres fois plusieurs barres des lèvres aux oreilles, etc. On dit que la pratique est de moins en moins courante chez les jeunes en ville mais encore populaire en brousse. Y’a encore beaucoup de corruption au Niger, les policiers et les douaniers surtout…même qu’en réunion du SAFEM, on a prévu dans l’enveloppe budgétaire pour assurer la sécurité du site, un montant pour les chefs de police et un montant qu’on donne nous même aux policiers sur place (pour s’assurer qu’ils vont rester faire la job)…car si on donne le tout aux chefs, ça ne se rend pas jusqu’en bas…ils ont eu des problèmes avec ça la dernière fois…ah oui, on à décidé de faire la même chose pour les pompiers et les ambulanciers… Une fois, lorsque j’ai voulu changer un néon de ma villa qui était brûlé, celui qui éclaire la rue, j’ai demandé à un de mes voisins, qui était à l’ombre sous mon arbre, si il avait un escabeau ou une échelle à me prêter…dix minutes plus tard, ils étaient environ 10 personnes à empiler tonneaux et autres pour grimper changer mon néon…y’a même deux électriciens qui sont passés offrir leurs services…j’avais juste demandé une échelle…c’est ça la solidarité entre voisin ! Ce néon sert justement à un autre de mes jeunes voisins qui n’a pas l’électricité et qui amène sa chaise pour venir étudier le soir en dessous à la lumière… Ici, un blanc c’est un patron, il ne fait pas les menus travaux (comme changer un néon)…les hommes ne cuisinent pas, ne font pas la vaisselle, ni la lessive, ni le ménage, c’est la job des femmes, c’est comme ça…je suis une vraie bibitte pour eux quand je dis que je fais tout ça et que je n’ai pas d’employé…même les nigériens qui ont un peu d’argent ont des employés, c’est comme ça. Quand je laisse ma porte de villa entrouverte d’à peine un cm, vous pouvez être certain que des enfants vont se pointer dans ma cours par curiosité dans les secondes qui suivent… Je peux rester chez moi bien tranquille en face de villa et faire des achats de toutes sortes, les vendeurs itinérants sont légions ici, carottes, bananes, souliers, n’importe quoi! Je n’ai d’ailleurs qu’à faire quelques pas pour aller acheter des grillades au coin de la rue, y’a des kiosques à fruits et légumes un peu partout sur mon chemin. Achèteriez-vous des œufs (les coquilles sont beaucoup épaisses ici), de la viande ou du poisson congelé sur le bord de la route à 40 degré exposé au soleil? Ben moi ça m’arrive…un beau bonjour à mes amis de l’inspection des aliments! Y’a pas plus frais que la viande au Niger, je vois les bêtes fraîchement abattues dans la boîte du pickup qui fais les livraisons le matin… Ça c’est un gros problème de nutrition au Niger, ils mangent beaucoup beaucoup de viande, un peu de fruits et très peu de légumes, c’est vraiment dans leur culture. Lorsque je suis en vélo et que je dépasse un nigérien en vélo également, plus souvent qu’autrement, on dirait que je les pique dans leur orgueil et ils font tout ce qu’ils peuvent pour me rattraper et me dépasser…je crois qu’ici on associe sportif à militaire car on me fais souvent le salut militaire quand je passe en vélo. Parfois en vélo, je dépasse des motos et des voitures qui roulent à Quand Tristan était là, il m'a fait goûter à mon 1er criquet...bien croquant sans assaisonnement...lui il en a acheté 2 tasses pour sa belle famille burkinabé...dites-vous que j’en vois des vivants dans ma cours…menoum!
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Comme la vie peux changer rapidement... Le Collège d'Alfred de l'Université Guelph en Ontario vient de m'offrir un contrat de 3 ans comme chargé de cours en gestion agricole et coordonateur d'un projet de recherche sur le lait bio. Je vais aussi appuyer les projets internationaux de développement. Ils m'avaient contacté en mars pour appliquer sur le poste, j'ai passé une entrevue téléphonique d'une heure quinze vendredi dernier (anglais-français, simulation de cours, tout ça sur mon cell bien assis sur mon pouf dans mon salon et ensuite article à écrire au cybercafé) et maintenant ça y'est! Je voulais bien passer mon année en Afrique malgré les difficultés mais je ne pouvais tout simplement pas laisser passer cette opportunité. Début du travail pour le 25 juin, je vais pouvoir louer une résidence d'étudiant pour passer l'été. J'ai annoncé la nouvelle à mes patrons du CECI et du GIE-DANI aujourd'hui...je suis soulagé, le tout s'est bien déroulé...de toute manière ici, c'est Dieu qui en a décidé ainsi... En plus que tout ça tombe au moment où le directeur CECI Afrique et la chargé de projet qui m'a engagée sont ici à Niamey. En début de semaine, nous avons passé deux jours et demi en atliers, volontaires, partenaires, personnels du CECI, etc, pour participer à l'élaboration du programme Uniterra II pour 2009-2014, on fait tous partis du 1er programme Uniterra 2003-2008. C'était super intéressant mais je me rend compte à quel point c'est complexe la coopération internationale, c'est tout un monde à découvrir! Le gouvernement canadien donne ses visions à l'ACDI, qui établi des objectifs pour lesquels les ONGs tentent de se conformer en choisissant des secteurs d'intervention spécifiques pour finalement compétitionner avec les autres pour obtenir les fonds nécessaires...le tout en tenant compte de la déclaration de Paris, des objectifs du millénaire pour le développement, etc... On se voit bientôt alors...je vais continuer d'alimenter le blogue jusqu'à la fin! Je vais rester en fonction jusqu'à la fin et prendre les vacances auxquelles j'ai droit, environ 8 jours, sûrement dans le désert...même si il y fait très chaud en ce moment et que les rebelles touaregs se sont remis à faire du grabuge dernièrement...je réfléchi à tout ça... |
La semaine dernière en milieu de journée, le vent s’est levé et la poussière aussi comme jamais je n’avais vu. On ne voyait pas à Photo de Tristan Muller, rue "goudronnée" de Niamey Vendredi soir avec Lawali, j’ai assisté au concert du Bilal Keit au Centre culturel, du bon reggae nigérien pour commémorer la mort de Bob Marley…il est super respecté ici. Les filles d’Oxfam Québec étaient présentes aussi et on a discuté de nos petits problèmes avec nos partenaires…disons que finalement mon cas n’était pas si pire que ça si je me compare à ce que j’entends des autres…eux aussi y’a eu une démission récente dans la boîte ! Vive la coopération ! En plus cette semaine il y a un artisan qui est venu dans mon bureau déballé son sac sur certains agissements de mon partenaire…les deux bras m’ont tombé mais à quelque part je ne suis pas trop surpris, ça vient confirmer plusieurs choses…bien que ça peut être faux…puisque le blogue est publique et que je ne veux mettre personne dans l’embarras, je vais en rester là, j’vous raconterai ça à mon retour ! Photo de Tristan Muller, rue "non-goudronnée" de Niamey J’ai assisté à mon 1er film au « cinéma » mardi dernier, toujours au Centre culturel franco-nigérien sur écran extérieur, la même scène que pour les spectacles. Cette fois c’était pour commémorer la journée de la mémoire de l’esclavage, un film de 1966, « La noire de…» qui a gagné un prix Jean Vigo à l’époque…Un couple d’expatriés français à Dakar décident d’amener leur bonne vivre avec eux à Paris…désillusionnée, la bonne finira par s’enlever la vie…Assez tragique comme finale mais encore d’actualité avec beaucoup de nigériens qui désirent quitter le pays pour « un monde meilleur »…mais malheureusement le gazon n'est pas toujours plus vert ailleurs…En tout cas, je n’avais pas envie d’avoir de bonne ni de gardien et ça m’a confirmé que je ne suis vraiment pas à l’aise avec ça. Je comprends les arguments en faveur de la « création d’emploi », mais je ne suis juste pas capable…Ceci étant dit, je respecte ceux qui sont à l’aise avec ça. Justement mon amie Laurence, qui vient de déménager à côté de chez moi, emploie une bonne (Ramatou) et un gardien jardinier (Moussa), très sympathiques d’ailleurs. Je vais peut-être me familiariser un peu avec la chose puisque je vais sûrement employer leurs bons services à l’occasion. Nous avons fait quelques voyages de pick-up pour son déménagement de samedi, tout a assez bien fonctionné mis à part que les travaux de rénovation (le proprio m’avait dit deux mois plus tôt que ça allait prendre 10 jours) n’était pas encore terminés…êtes-vous surpris ? L’influence de Laurence, qui aime bien les jardins, se fait déjà sentir chez moi puisqu’on a profité qu’on avait un pick-up pour aller acheter une vingtaine d’énormes pots à fleur…en grande partie pour moi…c’est vrai que ça manquait un peu de verdure chez moi ! Un dernier petit mot pour féliciter Frédéric Michel et Karine Aubé pour avoir donné vie à Jacob & Florence le 9 mai ! |
J’avais vu les panneaux publicitaires annonçant Jazz à Ouaga le week-end dernier et je trouvais ça dommage d’être une semaine trop tôt, mais là, comme j’ai pu y retourner, j’en ai profité ! Même après 15 ans d’existence, on est loin de l’achalandage du Festival de Jazz de Mtl…le bénévole qui m’a ramené chez moi (y’avait pas de taxi) après un des shows m’a dit que les africains tardent à découvrir le Jazz…au moins ça donne l’avantage aux amateurs comme moi de voir des concerts dans des petites salles intimes. J’ai passé deux soirées au Jardin de la Musique, une petite scène extérieure où nous étions une centaine seulement à apprécier le congolais Chansse Evanns et sa poésie engagée sur fond de musique jazz…Rido Bayonne et son Big Band électrisant France Afrique…Samba Touré (le dauphin du Maître Ali Falka Touré) et son Mali Songhaï Blues…et finalement Kantala, artiste de la kora, un burkinabé dont j’ai acheté le CD. J’ai vraiment apprécié, là j’étais en vacances ! Je n'ai pas de nouvelles photos alors en voilà d'autres de l'appareil de Laurence au Parc Bangr-Wéoogo...
J’ai habité avec Jean-Claude Ouédraogo dans la villa vide de sa famille (elle est à louer), avec piscine (j’en ai bien profité), à deux minutes de la villa de la famille de sa femme Laure, qui était déjà arrivée avec les enfants une semaine plus tôt. Comme il ramenait Sonia et toute la famille dans la voiture le mardi, je suis resté une journée de plus à Ouaga, pour attendre un lift de Sanou, un autre volontaire canado burkinabé, qui revenait en voiture le mercredi. C’est tellement plus confortable en voiture qu’en bus, et beaucoup plus rapide ! À part ça, j’ai pu visiter Ouaga 2000 en voiture avec J-C, un nouveau quartier qui contraste énormément avec la pauvreté du pays. Le nouveau Palais Présidentiel de Blaise Compaoré construit là-bas, plus grand que la Maison Blanche, est tout à fait indécent ! J’ai aussi surtout vécu le quotidien des burkinabés, dégustant de la langue de bœuf braisé entre amis, avec une bière dans un maquis le midi…marché de nouveau en ville et dans le Parc Urbain Bangr-Wéoogo…bouffé de la pizza sur feu de bois (3 fois) dans les bons restos, en plus de prendre ça assez relax.
J’avais oublié de vous raconter une anecdote du week-end dernier à Ouaga…alors qu’Ibrahim, Laurence et moi sommes entrés dans une épicerie pour faire quelques achats…Laurence et moi avions nos petits sacs à dos et on a passé la sécurité sans problème…Ibrahim lui avec son petit sac à la main, s’est fait obliger de le déposer à l’entrée…sous prétexte que des sacs comme les nôtres ça passent mais comme le sien ça ne passe pas…comme quoi la couleur de la peau…même en son pays…je pourrais vous en raconter tout plein des histoires d’inégalité comme ça…
Sinon à Niamey, dernièrement, j’ai travaillé beaucoup plus pour le Salon International de l’Artisanat pour la Femme (SAFEM 2007) que pour le GIE-DANI. Mon président m’a demandé de faire partie de la Sous Commission Exposition – Infrastructures et Sécurité, dont il est également le président. Ça me fait vivre une expérience de plus et j’apprécie beaucoup l’apport des femmes dans les réunions, ça me donne beaucoup d’espoir pour le pays ! Parlant de femme, ma collègue Mariama, la comptable, est en arrêt de travail depuis 3 semaines déjà (pour la 2ème fois depuis mon arrivée au pays)…nous sommes allé la visiter à la clinique jeudi…ulcère d’estomac ou paludisme…on ne sait pas trop…j’espère qu’elle ira mieux prochainement. Ah oui, jeudi soir, mon gars qui ramasse les vidanges et qui nettoie un peu ma cours une fois par semaine, est venu sonner à ma porte vers 20h00 pour me demander une avance sur sa « paye », il n’a plus rien à manger et il veut acheter un poche de riz pour nourrir sa famille…s'ti que j’trouve ça dur… Sur une note plus positive, j’ai reçu un colis de mon frère, avec sirop d’érable, soupe au poulet St-Hubert et une cafetière à piston JavaExpress ! Enfin je vais pouvoir boire autre chose que de l’instantané ! Merci grand frère ! |
Tel que prévu, j’ai pu partir pour la capitale du Burkina Faso : Ouagadougou ! On m’avait dit qu’il y a beaucoup plus de vie là-bas et c’est tout à fait vrai. La ville est en reconstruction et on voit tout de suite l’avancement et le dynamisme par rapport à Niamey, la capitale du Niger. Même si Ouaga est à seulement 500 km de Niamey, avec les arrêts aux douanes (on doit sortir tous les bagages du bus mais les douaniers regardent à peine les sacs...et on remballe le tout) , visa, etc, ça nous a pris 9 hrs à l’aller et 11 hrs au retour dans nos supers bus non climatisés…cela nous a quand même laissé 2 jours complets à Ibrahim, Laurence et moi pour visiter un peu.
Outre les bons restos et les maquis avec musiciens « live » qui jouaient de la musique traditionnelle avec balafon et kora, nous avons principalement passé une journée au Village artisanal et une au Parc Urbain Bangr-Wéoogo, en plus de marcher au centre-ville et admirer le travail des pépiniéristes près du barrage. Notre journée au Village artisanal a même été interrompue par une pluie diluvienne d’une heure, une première depuis mon arrivée en Afrique, ce qui a grandement rafraîchi la température…pas assez longtemps à mon goût ! Ce Village a été construit de toute pièce par la Coopération Luxembourgeoise, après celui de Wadata où je travaille, et donc, avec énormément d’améliorations…pour ne pas dire sans avoir fait les mêmes erreurs…surtout au niveau de la gestion du site…quel contraste, c’est vraiment très réussi!
Notre promenade au Parc Urbain a été très agréable, et heureusement pour nous, bien que c’était fermé le lundi, ils nous ont quand même permis de nous y promener, moyennant l’obligation d’engager un guide. Bien que c’est surtout la végétation qui est l’attrait principal, nous avons quand même pu observer un crocodile, des paons et d’autres oiseaux.
Le plus comique cependant, fût de lire les nombreux panneaux installés le long du parcours tels : « Toute forme d’atteinte à la pudeur est interdite », « Usage de la drogue ou de l’alcool est interdit », « La chasse ou la pêche est interdite», « Toute forme de rassemblement pour former une secte est interdit », « Interdiction d’étendre au sol des tapis ou des nattes », et j’en passe…mais le meilleur panneau, je vous l’offre en photo, avec une pensée toute spéciale pour Vénus et Laïka…et tous mes ami(e)s qui aiment les chiens…imaginez-vous en train de lire ça dans un parc de la SEPAQ...
Je viens tout juste d'en avoir la confirmation, je repars un autre 4 jours à Ouaga, en voiture cette fois, demain matin avec Jean-Claude et Sonia...j'avais essayé d'organiser une petite sortie en plein-air dans le Parc du W mais je n'ai pas trouvé prenneur alors...comme je n'aime pas passer les congés fériés à ne rien faire...pourquoi ne pas repartir au Burkina?!!! |
Plus tôt dans la journée (mardi), nous apprenons le retour de mission hâtif des 2 stagiaires françaises, le long voyage en brousse étant trop difficile à supporter…Tout comme je l’avais fais auparavant, elles accompagnaient une mission d’évaluation des coopératives DANI, organisé par la DPA (Direction de la Promotion de l’Artisanat) pour faire un suivi sur les $$$ laissés par le Luxembourg. Vers 17h00, alors que je m’apprêtais à rentrer à la villa, je demande tout bonnement à mon président si ce ne serait pas une bonne idée que je prenne la place des stagiaires afin de compléter ma tournée des coopératives. Il a fait quelques appels et une heure plus tard, j’avais en main mon billet de bus pour partir à 03h00 du matin vers Agadez ! Comme quoi une simple question peut changer le cours d’une semaine… Je prépare donc mes bagages en catastrophe, me repose quelques heures et me lève à 02h00 pour aller prendre le bus. Départ à 04h00 et arrivée près de 1000 km plus loin vers les 17h30 à Agadez. Évidemment, dans l’un des pays les plus chaud de la planète, les bus ne sont pas climatisées…ce fût l’un des voyages le plus pénibles que j’ai eu à faire…avec en plus quelques tronçons dans le sable et la poussière…J’arrive presque en même temps que mes amis de la DPA, Mohammed le chauffeur, Attawel et Ibrahim, qui avaient quittés Zinder le matin. Je choisi une belle petite pension, très difficile à réserver en saison touristique (5 chambres seulement et terrasse sur le toit avec vue sur la Grande Mosquée à 25 mètres de là) et je me commande une grosse bière Niger bien froide…je suis content !
Photo: Mosquée d'Agadez (Gracieuseté de Mélanie Boudreau 2006) Agadez, cité Touareg, c’est la porte d’entrée du désert du Sahara, le point de départ des anciennes caravanes d’or, de sel et d’esclaves. Ce sera aussi mon point de départ pour mes vacances dans les Montagnes de l’Aïr et le désert de Ténéré en 4x4 et en chameaux…probablement du 15 décembre 07 au 6 janvier 08, avis aux intéressés ! Le lendemain, après notre travail au Village Artisanal, le président de la coop, Abdou, m’a invité à prendre le thé chez sa 2ème future femme…elle s’entend déjà très bien avec sa 1ère femme, contrairement à son ex-2ème femme, dont il est divorcé…vous comprenez ?
Vendredi, on reprend déjà la route pour Tahoua, c’est beaucoup mieux en 4x4 qu’en bus…sur la route, j’ai pu observer des femmes qui se promenaient enroulées dans un tapis…pour ne pas faire voir leurs formes…je connaissais le hijab mais celle là…Arrivée à Tahoua, nous rencontrons les artisans de la Tannerie en fin d’après-midi. La rencontre se passe bien et se termine avec une prière collective. Tahoua est très pauvre, il n’y a pas d’attrait touristique et très peu d’étrangers y vivent, à part ceux des ONGs. J’ai pu le constater en voyant les artisans rôder autour de nous en plein restaurant pour nous vendre leurs articles…et à la vue de ma chambre d’hôtel, la plus minable où j’ai dormi. Le lendemain, nous sommes parti en brousse pour visiter la Tannerie de Tamaské, là-bas, mis à part le comptable qu’ils ont engagé, aucun des artisans ne sait lire, écrire ou parler français, alors comme à l’habitude, Attawel fait la traduction pour moi. C’est vraiment dans les villages les plus reculés que l’on est les mieux reçus, nous y avons partagé la « boule », le thé et le kilichy. Dimanche, nous travaillons avec le Village Artisanal de Tahoua, ils ont une section consacrée aux artisans handicapés, ce qui est très bien, je leur ai passé une commande d’ailleurs, pour une petite fille…J’ai aussi passé beaucoup de temps à faire la traduction en anglais à leur nouveau volontaire américain de PeaceCorps…en attendant qu’il maîtrise le Haoussa, puisqu’il ne parle pas français…y’en a des plus courageux que moi…et nous quittons la ville le lendemain en direction de Niamey. Nous faisons un arrêt à Dosso où nous devions réviser certains documents comptables. Comme le trésorier ne s’est pas présenté, le président de la coop nous a emmené à l’hôpital pour rendre visite à un vieil artisan très respecté du village et un autre qui a subit un grave accident de voiture. Pas besoin de vous dire que j’ai été très touché par ce que j’ai constaté comme conditions dans lesquelles vivent les malades…si j’entends quelqu’un se plaindre du système de santé québécois… Y’a deux longs week-ends qui s’en viennent ici et j’espère continuer sur cette lancée pour voyager encore: je devrais partir samedi pour 4 jours à Ouagadougou au Burkina Faso, en congé cette fois, je compte bien profiter de toute les occasions ! Une autre bonne nouvelle : ma collègue Laurence du CECI va déménager à une villa de chez moi dans un mois. Mon proprio est en train de la rénover et ils se sont entendus pour le bail. Comme elle a signée un nouveau contrat et qu’elle avait des problèmes avec sa villa actuelle, elle cherchait à déménager. Comme ça, je n’aurai plus à me soucier de mon taux d’alcoolémie sanguin et à me taper 30 minutes de vélo dans des quartiers peu recommandables en fin de soirée… |
Préface de l’auteur : lorsqu’on n’a pas de TV, on passe plus de temps à réfléchir, à mettre de côté ses petits ennuis et à remettre en perspective les raisons pour lesquelles on est ici…
La semaine dernière, j’ai passé 1 journée à travailler avec la comptable, ½ journée sur un ordi au CECI, 1 journée à participer à des échanges sur l’ESS (organisés par ma collègue Sonia Djelidi, pour le Réseau Nigérien d’ESS) et 2 heures de séance de travail sur le plan d’affaires avec le comité de gestion…presque 3 jours de travail sur 5 ! Les reste du temps, je vais voir mon président pour lui demander ses disponibilités pour travailler avec moi, zip, alors je retourne m’asseoir et je lis sur le commerce équitable… Pour faire suite à mon dernier texte, au moins l’atmosphère est vraiment meilleure maintenant, il a changé d’attitude envers moi et moi d’approche envers lui : puisqu’il aime être en contrôle alors je ne bouge plus le petit doigt sans lui demander la permission… "Pause spiritualité" Le Dalaï-Lama enseigne de faire preuve de compassion en essayant de mieux comprendre le passé des êtres…sachant d’où il vient et le cheminement qu’il a fait, il m’est plus facile de comprendre pourquoi son statut est si important. Ce qui m’amène à répondre au commentaire de Hughes : on m’a dit qu’au Niger, plusieurs dirigeants qui ont un statut et du pouvoir, surtout au niveau de l’état, se comportent comme si tout leur était dû ou permis, et traitent les subordonnés très durement. Quant à la comptabilité, disons que si je veux appuyer la comptable dans son travail, je dois valider certains chiffres…et comme les pièces justificatives se font rares, je pose beaucoup de questions et ça, il ne semble pas aimer ça! Je dois vous dire par contre que je suis loin d’être le seul volontaire à vivre une situation difficile…la plupart ont très peu d’outils ou de moyens pour travailler et certains vivent également des situations plus ou moins harmonieuses. Une par exemple a fait une crise et est rentrée à la maison jusqu’à ce qu’on vienne la chercher 3 jours plus tard pour reprendre le dialogue, une autre m’a confié qu’elle ne fait que commencer à avancer alors qu’il ne reste que 3 mois à son mandat d’un an…alors comme on dit : « Quant on se compare, on se console ». Si j’en reviens à cette journée d’ESS, c’était vraiment bien d’être assis autour d’une table en cie de Vision Mondiale et d’autres ONG, de collègues du CECI et de divers partenaires et employés de l’état pour essayer tant bien que mal de mettre sur pieds un réseau d’ESS. Cela m’amène à vous faire part d’une réalité dont je n’avais pas conscience avant d’arriver ici et que j’aimerais partager avec vous tous qui voyagez dans des pays en voie de développement : On dit souvent que c’est normal de négocier pour l’achat d’un souvenir par exemple, que si l’artisan finit par accepter votre dernière offre, c’est qu’il y trouve son compte également…ce qui n’est pas toujours le cas malheureusement…ce que je constate ici en côtoyant les artisans est que si ces derniers n’ont pas mangés aujourd’hui, il se peut qu’ils acceptent un prix bien en dessous de la valeur réelle du produit, à perte comme on dit, juste pour qu’ils puissent nourrir leur famille…Être conscient de cela m’amène à faire un effort pour mieux évaluer la valeur réelle d’un produit avant de commencer à négocier et d’essayer de payer un juste prix…c’est ça la base de l’ESS et du commerce équitable ! Ici, les nigériens vivent continuellement dans une économie de survie…pour se nourrir, se loger, se vêtir…si quelqu’un a besoin d’$, on lui donne maintenant et plus tard, quand on en auras besoin, un autre aidera. C’est vraiment intéressant de voir cette culture très forte du partage, même si ça engendre d’autres problèmes, comme par exemple, ce qui est à toi est à moi et vice-versa…on se sert souvent sans demander la permission…la notion d’épargne est inexistante ou presque…par exemple si j’étais nigérien, au lieu de cuisiner en grosses quantités pour avoir des restes pour la semaine, je devrais offrir à mes voisins les quantités cuisinées en trop, quitte à ne rien avoir à manger le lendemain…un beau concept de partage mais épargner et faire des provisions sont de beaux concepts aussi ! C’est comme ça ici, tu mets de l’essence seulement pour te rendre du point A au point B car si tu fais le plein, tu vas devoir trimballer les copains dans toute la ville…C’est comme le jour où j’ai acheté une caisse de 24 bières nigériennes au café du coin (ils ne vendent que des bières importées à l’épicerie)…le gars me regardais avec un sourire en coin…le lendemain il ne comprenais pas pourquoi je ne ramenais pas les 24 bouteilles vides…c’est comme ça ici, quand tu achètes quelque chose, c’est pour consommation immédiate…ou partage immédiat! Cette économie de survie créer beaucoup de problèmes à nos artisans : lorsqu’on a une commande d’un client, on paie une avance de 50% aux artisans pour qu’ils puissent acheter les matériaux et confectionner les produits…certains malheureusement peuvent revenir nous voir dès le lendemain pour demander de l’$ supplémentaire puisqu’ils ont tout dépensé, par exemple pour acheter un mouton afin de célébrer un mariage…et je ne vous parle même pas des délais de production: je viens tout juste de recevoir mon tapis et mes poufs en cuir pour mon salon, une commande qui devait être terminée il y a deux mois… Au jour le jour...la survie...je vois les gens autour de moi sauter régulièrement des repas, manquer d’énergie, être souvent malade…encore la semaine dernière, un autre artisan du village artisanal est décédé, en plein dans l’âge de l’espérance de vie ici au Niger : 46 ans. C’est ça la pauvreté, c’est pour cela que le programme Uniterra existe et c’est pourquoi on est ici.
Photo: Gracieuseté de Mélanie Boudreau, 2006 |
Certains parleront d’adaptation culturelle, d’autres diraient plutôt qu’il s’agit d’un conflit de travail comme il y en a chez nous, en raison d’un manque de communication ou d’un manque d’atomes crochus dans les personnalités…Ceci étant dit, j’ai traversé une période assez difficile la semaine dernière avec mon partenaire (mon président) où certaines tensions sont survenues, au point où je me demandais vraiment si j’allais faire mon année ici! Sans entrer dans les détails, le point déclencheur a été lorsqu’il nous (la comptable et moi) a restreint l’accès à son bureau et au 2ème ordinateur, puisque nous sommes maintenant bien installé de l’autre côté avec la climatisation…ce qui n’était pas le cas avant. Donc, cela signifie que nous sommes deux à se partager un ordi plutôt que trois pour deux ordis…ce qui n’est pas très efficace à mon humble avis…
Ajoutez à cela un style de direction autoritaire, un ton et une attitude déplaisante envers moi (et les autres) et vous avez la recette pour que je m’énerve un peu ! Cela m’a amené à le rencontrer lundi matin de la semaine dernière pour faire le point et pour savoir si il avait des trucs à me reprocher, ce qui n’était pas le cas, à part les petites tensions liées aux ordis. Il s’est même excusé pour son attitude, il avait eu une mauvaise semaine…Alors que je croyais le tout réglé, quelques jours plus tard, il a annulé ma séance de travail avec le comité de gestion pour la remplacer par une rencontre avec le directeur du CECI pour clarifier mon mandat. Cela m’a surpris un peu mais tout compte fait, c’était une bonne chose. Cette rencontre a eu lieu vendredi dernier et c’est là que je me suis vraiment rendu compte que les perceptions sont différentes de part et d’autres, par exemple, une banalité pour moi peut devenir un sujet très sensible pour lui…Maintenant au moins je sais quels sujets ou dossiers je ne dois pas me mêler et qu’il ne faut pas que je fouille trop dans la comptabilité…Même si je sens que la confiance envers moi est fragile, avec l’appui du directeur du CECI et les clarifications apportées lors de la réunion, l’atmosphère est beaucoup plus saine depuis lundi et je crois pouvoir faire un autre bout de chemin en attendant la prochaine chicane…
Une chance que j'ai commencé mon livre "L'art du bonheur", selon le Dalaï-Lama...ça me calme un peu! Et que je peux décompresser avec mes amis de la boutique quand je sors du bureau avec de la boucane qui me sort par les oreilles!
Photo: Aïssatou, Illo le gérant, Nazir et moi, surnommé le "5ème vendeur".
Sinon je vais vous parlez de cette chaleur intense qui est arrivée depuis un certain temps. Nous atteignons maintenant les 40 degrés à tous les jours…à moins que ce ne soit nuageux, il m’est de plus en plus difficile de faire du vélo, « en plein soleil » le vent est très chaud. Cela rend les week-ends beaucoup moins agréables quand tu n’as pas envie de sortir de la maison en raison de la chaleur…rien que de rester à l’intérieur à ne rien faire me fait suer à grosses gouttes…c’est souvent plus frais à l’intérieur qu’à l’extérieur…assis sur ma terrasse en dessous du ventilo, je sens la vent chaud souffler sur moi comme si je venais d’ouvrir la porte du poêle à bois ! J’me brûle souvent la main sur ma porte de garage en plus de me promener en boxeur dès que je mets les pieds dans la maison…la plupart des nigériens dorment maintenant à l’extérieur de la maison et prennent plusieurs douches par jour…et par nuit ! Moi j'ai la climatisation alors je peux dormir dans ma chambre...mon oreiller et mes draps sont quand même trempe à mon réveil! Je ne me plaint plus des douches à l’eau froide maintenant, même que l’eau chauffé par le soleil sort des tuyaux assez tiède-chaude et même brûlante parfois !
Je crois que je vais prendre l’habitude de la piscine de l’Hôtel Gaweye comme j’ai fais vendredi dernier, une excellente façon de se rafraîchir avec l’impression d’être en vacances dans l’un des meilleurs hôtels de Niamey…un 2500 CFA bien investi ! Y'a quand même des avantages a être en été tout le temps...la petite bière froide est encore meilleure quand il fait chaud...le petit rosé aussi...les bonnes bouffes entre amis et les méchouis à l'extérieur...Par contre, même en début de soirée à 40 degrés lorsque je suis arrivé chez Laurence à vélo tout dégoulinant l'autre samedi, j'ai dû prendre une douche pour me rafraîchir avant de prendre le repas...et une autre à mon retour à la maison...c'est ça la chaleur du Niger!
Note: Je crois avoir trouvé une solution pour le format des photos...ce sera plus agréable à la lecture comme ça! |
J'ai profiter de l'arrivée de Tristan, un "congé solidaire" de 3 semaines, pour aller faire une petite ballade avec lui sur le Fleuve Niger et aller voir les hippopotames. Le départ a cependant été retardé en raison de notre difficulté à trouver le point de rendez-vous avec les piroguiers...nous sommes donc partis à 09h00 au lieu de 07h00 mais ce fût une ballade très agréable. Avec le guide Mohamed et 2 pagayeurs, nous étions 5 dans la pirogue pour une ballade d'environ 3 hrs. Ce n'est pas stable ni confortable comme un kayak de mer mais ça prenait quand même bien les vagues...avec pas de ceinture de sauvetage évidemment...on longait la rive plus souvent qu'autrement alors... Photo: Tristan et les piroguiers Malheureusement, au spot habituel des hippos, ils étaient déjà partis...mais sur le retour nous avons pu en voir un en solitaire, le dos seulement ou presque et d'assez loin...j'aurai sûrement l'occasion de me reprendre. Nous avons quand même vu plusieurs oiseaux et hérons, Isabelle et son copain qui pêchaient sur la rive et aussi tout plein de raisons pour ne pas se baigner: des animaux morts qui flottaient, le lavage des vêtements, etc...ça n'a pas empêcher nos piroguiers de boire à même l'eau du Fleuve! Au travail, j'ai profité du tournage d'un petit film sur mon partenaire et les coopératives de Niamey pour accompagner Josué (de Radio Alternative) et prendre plusieurs photos pendant qu'il filmait. J'ai pu photographier les étapes du tannage du cuir et les divers artisans pendant leur travail, c'était bien et très intéressant. Il y a eu aussi l'arrivée de 2 stagiaires françaises qui sont venues pour travailler avec nous jusqu'en août...le hic c'est que l'ONG nigérienne qui nous avait parlé d'elles il y a un mois ne nous a jamais rien confirmé et ne nous avait donné aucun détail...et pouf elles arrives à notre bureau cette semaine! On va s'ajuster...encore une fois! Les pauvres sont assez mal à l'aise, en plus qu'elles paient toutes leurs dépenses et que c'est leur stage de fin d'études...elles voient bien qu'on ne les attendaient pas! Photo: Soudure sur bracelet en argent Il va falloir que j'aie une bonne conversation avec mon président cette semaine car son style directif et autoritaire commence à me peser lourd...je me demande vraiment si il a envie de travailler avec moi...ça va aller (comme on dit ici). Oh oui, il y a déjà une volontaire qui est repartie au Canada cette semaine pour des raisons personnelles, elle était arrivée une semaine après moi, c'est celle qui voulait que je partage la grosse villa avec piscine... Maintenant la chaleur commence comme ils disent...on franchi la barre des 40 degrés régulièrement...la petite fraîche du matin ou de fin de soirée est pratiquement inexistante maintenant...mais je roule toujours en vélo... Hier entre amis nous avons fêté Laurence au Tilapia, les tables du resto directement sur la plage près du Fleuve...assez cool! Petite nouvelle de dernière minute: mon auto est vendue! |
Je suis donc finalement parti « en brousse » vendredi dernier pour 5 jours, plus de 2000 km sur des routes très abîmées, parfois non goudronnées, une chance que nous avions un bon 4x4! Cela ne nous a pas empêché de faire deux crevaisons…rien de plus normal en Afrique…nous avons toujours deux pneus de rechanges! La mission était dirigée par Hedwig, une consultante hollandaise qui connaît très bien le projet et qui en faisait l’évaluation finale pour le compte du Luxembourg-Development. Disons qu’à partir de maintenant, la coopération canadienne prend seule le relais au niveau du GIE avec qui je travaille…Mohammed le chauffeur et Attawel, un représentant nigérien de la Direction de la Promotion de l’Artisanat, nous accompagnait également, une super belle équipe ! Nous avons été bien accueilli par chacune des 5 coopératives visitées : les villages artisanaux de Dosso, Maradi, Dakoro et Zinder en plus de la tannerie de Magaria. Parfois en nous offrant du mouton comme le veut la tradition, le thé ou la « boule ». Cette dernière consiste en une pâte de millet en boule, délayée dans de l’eau et du lait servi dans une calebasse, on boit directement dans la louche chacun notre tour, très populaire ici. Pour un étranger c’est excellent pour la typhoïde ou la tourista selon la qualité de l’eau utilisé…
Tout ça m’a permis d’en apprendre beaucoup sur le projet DANI (Développement de l’Artisanat du Niger) des 10 dernières années et de comprendre l’évolution des coopératives, en plus de me faire connaître auprès des artisans. J’en ai profité pour ramener des alkakis, petites pâtisseries cuites dans l’huile et ensuite trempées dans le miel, spécialité de Zinder, en plus du tchoukou, un fromage aplatie comme une crêpe, presque complètement séché. C’était vraiment génial d’avoir pu marcher dans le vieux quartier de Zinder, ancienne capitale du Niger, et d’aller voir les femmes fabriquer « clandestinement » les alkakis au bout d’un labyrinthe de couloirs…J’ai aussi fais provision de kilichy, viande séchée et épicée style « jerky », que j’apprécie beaucoup depuis mon arrivée au Niger. Comme c’est la coutume ici lorsqu’on « voyage », j’ai acheté en quantité suffisante de tous ces produits pour pouvoir partager avec mes collègues du CECI, du Village artisanal et même avec mes voisins…c’est ça l’intégration ! La journée du retour fût assez longue entre Zinder et Niamey, 12 heures de route ! C’est vraiment pauvre « en brousse », en dehors des villes importantes, les gens habitent dans des huttes, sans électricité, comme les Massaïs en Tanzanie. Côté paysages, c’est très plat et aride avec de rares petits reliefs ou cours d’eau.
Photo: Gracieuseté de Mélanie Boudreau (2006)
Au retour, Hedwig a aussi fait l’évaluation du GIE, mon partenaire, et n’a pas mâchée ses mots pour lui faire part de sa déception quand aux piètres résultats obtenus en 4 ans…c’est donc dire que j’ai beaucoup de travail à faire! Mais pour vous démontrer comment c’est difficile parfois de changer les choses, même si mes prédécesseurs du CECI, Hedwig et moi-même somme tous d’accord pour recommander un changement majeur à la structure, eux ne semblent pas très chaud à cette idée…c’est comme les syndicats au Québec quand il s’agit de perdre ses acquis… |
Y'a pas que la pauvreté ici, y'a les p'tits cocktails chez le consul en l'honneur de la nouvelle Ambassadrice du Canada pour la sous-région, en visite d'Abidjan. De bons p'tits canapés et du bon vin entre canayiens...dans une belle cours gazonnée avec piscine creusée...un tantinet plus luxueux que ma villa! Photo: Isabelle, moi et Laurence du CECI, Nathalie et Samy d'Oxfam. Je ne sais pas encore si c'est le vin ou la noirceur mais je n'ai pas vu le caniveau en bordure du "goudron" (c'est comme ça qu'on nomme les routes asphaltées ici) sur mon retour et hop! J'me suis pété la gueule 1 mètre et demi plus bas dans les égoûts! Heureusement seulement quelques égratignures et surtout beaucoup de frottage le lendemain pour laver mes vêtements... Y'a des week-ends comme ça...le samedi je n'arrive pas à trouver les amis de Laurence qui habite sur "Rive droite" pour que j'y laisse mon vélo pour pouvoir aller faire de la rando sur les collines dont je vous avais parlé...alors je décide de m'y aventurer avec mon vélo...trop difficile...même en vélo de montagne je n'aurais pas pu monter...j'apprécie tout de même la vue au sommet et je redescend comme j'ai monté, à pieds le vélo à côté de moi...ensuite je rencontre deux nigériens dans le sentier, dont un vraiment agressif qui veut que je lui donne mon vélo (on se fait souvent demander "donne moi cadeau, donne moi ta montre ou autre, mais là il insistait vraiment) parceque je suis "patron" et que je n'ai qu'à aller en acheter un autre! Je n'ai pas aimé ça mais je sentais qu'il ne sagissait pas de bandits alors j'ai gardé le sourir et j'ai pu continuer mon chemin...pour terminer ma journée avec une crevaison! Du côté plus positif, je pars vendredi pour une mission de 5 jours, celle de 10 jours a été remplacée par deux de 5 jours simultanées, c'est moins exigeant pour les évaluateurs que je vais accompagner. Alors j'ai choisi l'axe qui va à Zinder et je visiterai plus tard les autres coopératives de l'axe d'Agadez. J'ai bien hâte de voir du pays! |
Le prince du reggae de la Côte d'Ivoire, Tiken Jah Fakoly était de passage au Stade de Niamey samedi soir et j'y suis allé, malgré les risques de pagaille, comme pour tout événement au stade...Dès 19hrs alors que j'accompagnait Youssouf et Laurence dans la filée, les policiers commencaient déjà à frapper les gens qui voulaient passer devant les autres avec leur ceinture...Comme je devais aller chercher Assaïtou à la sortie de ses cours d'anglais, nous sommes donc revenu plus tard vers les 21hrs. La plupart des entrées étaient alors bloquées et il ne restait qu'un seul endroit pour essayer de se faire une place à l'intérieur du stade...nous avons dégringolé dans les marches à notre 1ère tentative en raison d'une vague de gens repoussés par les policiers mais à notre 2ème essai, probablement parce que je suis blanc, ils nous ont laissé passer sans nous donner de coup de ceinture! Nous avons manqué le 1er groupe, Kaïdan Gaskia, que j'avais été voir samedi dernier au Centre Culturel Franco-Nigérien avec Lawali, ils avaient été précédé d'environ 10 groupes de hip hop nigérien qui ont chanté une chanson chacun...assez spécial! Le concert au stade aussi était quelque chose, plusieurs groupes dont DJ Awadi, Mamar Kassey, Idi Sarki, Lokua Kanza et finalement Tiken Jah, un chanteur très engagé, qui a débuté à 01h00 du matin pour terminer vers les 03h00! Un gros événement sponsorisé par notre fameuse cie Celtel...le concert était gratuit à l'achat de temps d'antenne pour cellulaires...j'estime qu'il y avait au moins 15000 personnes...nous étions assis sur le ciment, la scène était minuscule, les écrans géants et le son de mauvaise qualité mais ce fût quand même une longue mais belle soirée! Mis à part les événements culturels, j'essai de progresser dans mon travail...pas facile du tout...y'a des journées où on avance et je suis motivé, y'en a d'autres, plusieurs autres où je suis pas mal découragé. Les rendez-vous manqués, les arrêts pour les prières, les va-et-vient continuels dans le bureau du président, son manque de disponibilité, etc...pourtant ma 2ème semaine avait bien débutée avec la présence de Marie (Mariama la comptable) et un grand "ménage du printemps" pour un réaménagement complet des locaux...même le président a passé deux jours à travers la paperasse et faire du classement: tout jeter ou presque! Pour le reste c'est TIA (voir Blood Diamond avec Leonardo Dicaprio: This Is Africa)! Par exemple, ma mission devait avoir lieu le 15 février...ensuite je devais connaître les dates le 15 février et maintenant, le 20, je ne sais toujours pas si je vais partir! Je devais avoir ma 1ère grosse réunion avec le comité de gestion ce matin...le président a quitté la région pour un mariage sans prévenir et va revenir lundi prochain! Ici, quand tu donnes en rendez-vous à quelqu'un, il te répond, qu'il va être là...si Dieu le veut! Inch Allah! J'vous le dis, ça prends une patience et un calme à toute épreuve... J'ai eu une petite gripette cette semaine, serait-ce les douches froides, la climatisation ou les 25 poignées de mains que je donne par jour (et je n'exagère même pas, c'est un trait culturel)...Au moins, durant une sortie à vélo, j'ai trouvé des montagnes (des grosses collines) à environ 15 km de chez moi, sur l'autre rive du fleuve Niger... j'étais fou comme de la m...j'ai très hâte de m'y aventurer! Ah oui, pour vous donner une idée de la chaleur ici, pendant que je roulais "en plein soleil" comme ils disent, mes poignées en caoutchouc fondaient et restaient collées sur mes gants de vélo...ce dernier m'est très utile d'ailleurs pour continuer de meubler ma villa...en transportant les (petits) meubles attachés sur mon rack à l'arrière... Merci pour tous vos commentaires, c'est vraiment apprécié! |
Ma chargée de programme m'avait suggéré de prendre 3 mois pour gagner la confiance du président avant de trop brasser...j'ai été capable d'attendre 3 jours...vous me connaissez, moi et mon franc parler! Je n'ai pu m'empêcher d'aborder un sujet mentionné dans les rapports que j'ai lu et qui me chicotais un peu: la notion de conflit d'intérêt. Sans entrer dans les détails, j'ai déjà réussi à le faire fâcher un peu...ensuite on a mis les points sur les "i" et les barres sur les "t" et maintenant tout a été clarifié et on peux aller de l'avant! Enfin je l'espère...Il est franc et direct comme moi alors je crois vraiment qu'on va bien s'entendre. Je vais surtout travailler avec lui, la comptable et le comité de gestion. Pour plus de détails sur mon partenaire, le GIE-DANI, cliquer sur le lien affiché sur le blogue. Vous pourrez constater la beauté de l'artisanat nigérien dans leur catalogue et passer vos commandes sur leur site web...En fait, mon mendat de conseiller en gestion est de les appuyer au niveau de la structure de l'organisation, du service à la clientèle, de la comptabilité, du développement du plan d'affaires et de les amener à faire les prochaines étapes en voie d'obtenir l'adhésion à l'IFAT (commerce équitable). Mon bureau est annexé à la coopérative et à la boutique du village artisanal de Wadata (photo d’Aïssatou à la boutique). J’ai aussi ajouté deux autres photos (Zakaria et moi ainsi que ma villa) sur les deux textes précédents.
Il y a beaucoup de travail à faire, surtout que le principal bailleur de fonds, Luxembourg-Développement, qui appuyait les 13 coopératives depuis 15 ans et le GIE-DANI depuis 3 ans à raison de 70% du financement de ses activités, termine bientôt leur projet. Il s’agit donc d’une année cruciale pour l’avenir de cette jeune organisation. J’ai commencé à me familiariser avec le plus d’aspect possible du fonctionnement de l’organisation et des lignes directrices du commerce équitable. Ce n’est pas toujours évident de bien se comprendre car je ne parle pas le français de France et eux parlent avec un fort accent africain. Prochainement, je devrais partir en mission d’une dizaine de jours pour accompagner le Lux-Dév dans sa tournée d’évaluation finale des 13 coopératives réparties dans tous le pays. Ensuite je serai plus en mesure de les appuyer concrètement. Malgré que je travaille déjà à les convaincre d’acheter des classeurs, de faire du ménage dans la paperasse et d’utiliser un agenda ! D’ailleurs, de ce que j’ai pu constater cette semaine, agenda ou pas, les rendez-vous sont plus ou moins respectés…et comme disaient mes prédécesseures, même si on travaille 5 jours, on accompli l’équivalent de 3 jours d'ouvrage… Sinon, tout va bien à la villa, j’ai chassé mes 1ère coquerelles et j’ai beaucoup de margouillards sur mes murs extérieurs qui me tiennent cie. Je m’habitue (pas vite) à prendre ma douche à l’eau froide, faire le lavage à la main et balayer mes planchers en céramique d’un voyage de sable par semaine…c’est le Sahel ici ! Je dois aussi dormir avec mes bouchons pour ne pas entendre les sermons de fin de soirée de l’Imam de la mosquée, les prières ou le bébé du voisin qui pleure continuellement…j’aime bien aller faire l’épicerie à vélo avec mon sac à dos et surtout luncher chez moi tous les midis. Il y a beaucoup de produits disponibles mais certains prix sont exorbitants : 950ml de Perrier à 3$, le gros pot de Nutella à 8$ ou les Spécial K aux fraises encore plus cher que ça! |
C'est comme ça qu'on les surnomment: les jeunes lions...ils sont là tous les jours autour du restaurant du village artisanal de Wadata (mon lieu de travail) pour attendre si on ne va pas en laisser dans notre assiette...la 1ère fois je me suis dis que c'était bien de leur donner nos restes...mais la 2ème fois, lorsque 3 enfants en même temps se sont jettés dans mon assiette pour s'arracher mon reste de poulet...et en plus j'avais très faim et j'aurais pu facilement tout manger...mais je n'ai pas pu, il fallait que j'en laisse...ils étaient là avec leur bol attaché au bras comme beaucoup d'autres enfants dans la ville...ce jour là ma carapace s'est fragilisée... Voilà deux nuits déjà que je dors dans ma villa dans le quartier Zabarkan, tout près de l'Auberge Tatayi; propriété de Nathalie; une québécoise...je l'ai rencontré hier au 5 à 7 (heure d'Afrique: 8 à 10!) organisé par l'Ambassade du Canada pour socialiser entre étrangers...la gang d'Oxfam-Québec, du CIMA, et de diverses autres ONG ou entreprises privées. Je suis donc bien installé dans ma villa maintenant, j'ai fais réparer mon frigo aujourd'hui et tout est fonctionnel! Finalement pour mes meubles, Ibrahim Moussa m'a prêté un lit double et un frigo (qui ne fonctionnait pas), j'ai aussi emprunté une armoire, une table de cuisine, des chaises en métal (que j'ai fais repeindre en bleu par Lawali, le frère d'Ibrahim) et un banc de garage (pour le salon), tout ça provenant du débarras du village! Je n'ai donc eu qu'a m'acheter un matelas neuf, deux ronds électriques comme cuisinière et des tissus pour la nappe et les rideaux...confectionnés ensuite par un des couturiers du village en un rien de temps! Ne reste que la terrasse extérieure et le salon à compléter plus tard. Je suis pas mal fier de ma déco!
Ici le truc est de magasiner accompagné d'un nigérien pour les achats (par exemple la belle Aïssatou, qui travaille à la boutique du village, pour acheter les rideaux ou Lawali pour les pièces et le réparateur du frigo) afin de bénéficier du prix normal des "noirs"...sinon on se fait offrir le prix des "blancs"...beaucoup plus cher évidemment! Tout se négocie ici, il faut donc s'assurer de connaître un peu les prix pour ne pas se faire avoir...je vais avoir des heures de plaisir au Petit Marché pour négocier mes fruits et légumes! J'ai quand même travaillé fort pour faire brancher l'eau et l'électricité...3 jours de files d'attente, de paiement de caution et de péripéties administratives...du genre que ça prend la signature du chef et que le chef n'est pas là...et que personne ne sait quand le chef reviendra...Inch Allah (Si Dieu le veut)! Il faut parfois prendre les devants et insister pour que le "technicien" embarque dans notre voiture (le fils du proprio, Zabérou, m'accompagnait gentilment avec sa voiture) et branche le courant sur le champs...la veille ils m'avaient dit qu'il viendrait tout de suite...cette fois-ci il n'avait pas ses outils...j'ai dis: "quels outils?"..."des pinces et un tournevis"..."j'ai tout ça chez moi: embarque!"...et je fût branché dans les minutes suivantes... La meilleure sécurité ici semble être de faire du bon voisinage...j'ai déjà commencé à me faire connaître des voisins, surtout la "vieille" qui possède la petite boutique sur ma rue...elle va ramasser mes factures d'eau et d'électricité et aussi payer le gars des vidanges (qui passe avec sa brouette) à la fin du mois (1.25$ par semaine)...bien sûr, je vais la remercier régulièrement pour ses services...et je suis déjà un bon client pour ses yaourts nigériens! Plusieurs voisins s'accomodent bien de mon arbre au coin de ma villa...qui procure de l'ombre à profusion...il y a donc beaucoup de surveillance non formelle dans le coin...en plus d'être en face de l'orphelinat et de la mosquée...eh oui, que voulez-vous....au moins je trouve qu'on y chante de façon beaucoup plus agréable que celle près de l'hotel! Je commence officiellement à travailler lundi même si j'ai passé beaucoup de temps au village artisanal pour observer les artisans (bijoutiers, couturiers, maroquiniers, ébénistes, etc) qui travaillent 7 jours/sem la plupart du temps assis au sol à confectionner leurs bijoux sur une "pine" en métal...d'autres utilisent le chalumeau en soufflant dans un tube pour obtenir la flamme bleue...tandis que les femmes déposent des tisons ardents dans le fer à repasser pour chauffer le fer...et repasser! J'ai pris le thé avec eux en quelques occasions et je sens beaucoup d'attentes envers moi..."maintenant qu'il y a un blanc, on aura confiance..." J'ai aussi profité de la journée de formation de Renée Melançon avec les bijoutiers pour obtenir quelques commentaires sur la gestion du GIE-Dani et sur leur vision du commerce équitable...ouf...j'ai vu défiler en un clin d'oeil tous les problèmes déjà soulevés dans les rapports de mes prédécesseures, Mélanie Boudreau et Renée Lessard, de bons outils de travail! Ah oui, il a fait 38 degrés à l'ombre cette semaine...le temps "frais" des 25-30 degrés est maintenant terminé...on se dirige vers la periode chaude tranquillement pas vite! |
Alors voilà, j'ai choisi la petite villa près de mon travail avec pas de piscine, pas de TV, pas d'eau chaude, pas de cuisinier et probablement pas de gardien de sécurité...mais je vais y penser car si je ne crains pas pour moi ou mes biens, je crains de devoir payer la facture de réparation si ils arrachent un mur, une porte ou une fenêtre pour entrer...Je pourrai donc vivre simplement avec un budget très raisonnable d'environ 325 dollars par mois pour le loyer, l'eau et l'électricité, ce qui contraste avec le luxe (logé-nourri-torché-piscine) à 1000 dollars par mois... Les négociations pour le bail ce sont bien déroulées et j'ai signé hier pour un an en payant 4 mois d'avance. Le proprio est dur en affaires mais semble être de parole. Dès que j'aurai acheté un lit et un frigo je pourrai quitter l'hotel, j'ai hâte. Je me suis acheté deux ronds électriques aujourd'hui, je préfère cela à un poêle au gas avec four. Pour le lit, je vais probablement acheter les deux lits simples de la chambre d'ami d'Emmanuel Braun du Luxembourg-Dévelopement, il quitte le pays en mars. Il a travaillé beaucoup avec mon partenaire, le GIE-Dani. Parlant du Groupe d'Intérêt Economique Dani, il n'y a pas de presse pour que je commence à travailler, le président Ibrahim Moussa était à Los Angeles la semaine dernière pour une foire de l'artisanat, je vais le voir lundi et il repart mardi pour le Togo. Puisque le président n'est pas disponible, Marie la comptable a pris ses 2 semaines de vacances...il n'y a pas grand chose qui se fait quand le président est absent...ça fera parti de mon mendat d'améliorer la situation organisationnelle. Il n'y a donc que Zakaria, artisan Touareg super sympatique, qui s'occupe de moi et de Renée Melançon de l'Ecole de Joallerie de Québec, elle est volontaire pour un mois le temps d'évaluer les besoins des artisans bijoutiers. Je vous donnerai plus de détails sur mon mandat plus tard. En attendant de commencer à travailler, j'essai toujours de m'habituer à la chaleur et de pédaler en pantalon long (j'veux pas offusquer les musulmans (95% des nigériens)) à 30 degré...moi qui est trempe en lavette habituellement quand j'ai chaud, je m'évapore au fur et à mesure...et je ne semble pas capable de reprendre le dessus sur la soif...je bois tout le temps mais j'ai toujours la bouche sèche...je vais finir par m'acclimater bientôt je l'espère. Sinon, je dors assez bien jusqu'à 05h30, au moment de la prière en provenance des hauts parleurs de la mosquée, je me réveille à chaque fois et j'ai de la difficulté à me rendormir. En passant, j'avais enlevé le critère "loin de la mosquée" pour trouver ma villa, c'est carrément une mission impossible, il y en a partout! Djibrilla, le coordonateur financier du CECI semble déjà m'apprécier beaucoup, nous avons fait la conversation main dans la main plusieurs minutes l'autre jour, ce qui est commun ici (et dans plusieurs pays) pour démontrer l'amitié entre les hommes. Je vous avoue que ça m'a fait un drôle de feeling...ne vous méprenez pas, il est marier et il va se faire un plaisir de me présenter sa soeur... Je découvre tranquillement la ville et j'aime bien prendre une bière dans un maquis. Nous y sommes assis à l'extérieur avec un écran géant où passe des vidéos de musique "coupé-décalé". On y mange des brochettes et des frites, c'est relax! Ah oui j'oubliais, j'ai maintenant mon téléphone cellulaire: 96.22.23.83 (code du pays 227), n'hésitez pas à me téléphoner, n'oubliez pas le décalage horaire, 6 hrs de plus! C'est très cher le cell ici mais c'est simple: on achète une carte Celtel dans la rue (on ne fait pas 5 mètres ici sans voir un jeune vendre des cartes de temps d'appel), on gratte le code d'accès et on charge notre cell avec du temps. Avec 1000 CFA (environ 2 dollars), je fais environ 6 appels très courts...et ensuite on achète une autre carte à la rue...Celtel dois faire des affaires d'or...je ne suis pas certain que c'est la même chose pour les jeunes qui vendent les cartes... |
Nous arrivons finalement au Niger vers 02h30 du matin et nous pouvons dormir dans un lit à l'hotel à 04h30. Tous les bagages sont là. Il y a 6 hrs de décalage horaire avec le Québec. Nous sommes à l'hotel Oasis tout près du bureau du CECI Niger. Nous y rencontrons d'ailleurs le directeur Yahouza Ibrahim à 14h30 le jour même pour un petit mot de bienvenue et hop, on part visiter des villas! Le lendemain nous rencontrons le personnel du bureau et les autres coopérants volontaires, nous sommes une douzaine au Niger. Nous suivons un horaire assez léger et multipions les démarches pour nous trouver une habitation et découvrir les lieux. La famille Ouedraogo trouve une villa tout près du CECI et quitte ensuite pour Ouagadougou au Burfina Faso pour voir la famille et ramener des effets personnels. De mon côté, vous auriez dû me voir assis à l'arrière de la moto de mon démarcheur (agent d'immeuble) pour visiter des villas à travers la ville! Nous avons trouvé une belle petite villa près de mon travail (Marché Wadata) dans un quartier populaire (limite quartier Wadata et Poudrière) à 100 000 CFA/mois (1 dollar CAN = 410 CFA). Il y a 2 chambres, 1 salon, 2 salles de bain et une cuisine, la villa est climatisée mais non meublée. C'est comme chez nous, il faut payer les comptes d'eau et d'électricité en plus du gas pour le poêle. J'ai réservé mais avant de signer je vais attendre de voir Nicole, une coopérante qui arrivera mardi afin de discuter de son offre de partager une villa avec piscine dans le quartier des blancs à 250 000 CFA/mois plus les coûts du gardien, du cuisinier, etc...la totale quoi! Plus j'y pense cependant, côté budget et expérience de vie, plus je crois préférer vivre seul et bien m'intégrer à mon quartier plutôt que de vivre comme un pachat dans une bulle de verre! Je respecte les perceptions de chacun là-dessus. A suivre... Je suis tellement heureux d'avoir amené mon vélo et d'être autonome pour mes déplacements, même si le taxi ne coûte que 50 cents la course...mais ne vous méprenez pas, tout est assez cher au Niger. De la façon dont on me regarde actuellement je vais rapidement être identifié comme le blanc à vélo avec un truc sur la tête et un truc pour boire en roulant! Jusqu'à présent, mes premiers contacts avec Niamey et les Nigériens me semblent paisibles et chaleureux. La pauvreté est omniprésente mais je crois que je n'ai encore rien vu. C'est très sec et poussiéreux mais la température est idéale en ce moment, frais le matin et le soir et 25-30 degré le jour...mais là aussi je n'ai encore rien vu...c'est le mois le plus frais! Certaines coopérantes nous ont accueillies avec un polar sur le dos le 1er matin...ça s'appelle être bien acclimaté à son milieu! J'ai la chance d'être bien entouré par des gens qui connaissent l'endroit, surtout Sonia qui est "miss relations publiques" et qui connaît tout le monde...ou presque! Je crois sincèrement que je vais me plaire ici et que tout va bien se dérouler. |